mardi 3 mars 2015

Tu pars, je vacille

Tu pars, je vacille, éditions Tarabuste, 2015.


On peut commander en ligne ici :
http://www.laboutiquedetarabuste.com/fr/collections/doute-b-a-t/ritman-serge-tu-pars-je-vacille/110

On peut lire les recensions concernant cet ouvrage ici :
http://martin-ritman-biblio.blogspot.fr/2015/05/tu-pars-je-vacille-recensions.html

Note d’intention de l’auteur

Ce livre vient après une douzaine de livres publiés chez plusieurs éditeurs depuis 1997.
Ce livre marque une étape importante dans l’écriture de son auteur. Plus qu’achevant une période, il voudrait constituer une constellation ouvrant à des clartés (avec obscurités) sur le chemin parcouru depuis bientôt vingt ans.

Ce livre fait un poème ou plutôt le roman d’un poème par ses rimes : non celles qui viennent carillonner en fin de vers mais les rimes de partout, ce que je préfère appeler une résonance générale. Celle-ci est plurielle dans son fonctionnement même. Aussi ce roman de rimes montre-t-il une organisation en dix parties (à vrai dire huit avec une ouverture et un finale) reliées entre elles par une citation dont on aperçoit à la fois le continu et l’hétérogénéité : d’Ossip Mandelstam à Claire Diterzi en passant par Marina Tsvetaieva, Ingeborg Bachman, Ghérasim Luca (deux fois), Paul Celan (trois fois), Boris Pasternak et Linton Kweezy Johnson. Sans trop savoir pourquoi mais constamment, ce livre est travaillé par la doublure, au sens théâtral, puisque le couple je-tu, qui en est l'opérateur décisif, est lui-même sans cesse réversible. La doublure se fait bien évidemment dédoublement, au sens psychologique voire psychanalytique, pour augmenter la réversibilité signalée auparavant. Enfin la doublure opère par le doublage entre proses et vers et par le redoublement des arts, où peinture et musique mais aussi danse et chanson viennent doubler l’écriture par ses moyens mêmes - on aurait rêvé d'un livre ainsi sorti du livre mais chaque lecteur opérera facilement ces doublements puisque le lecteur double toujours l'auteur dans ces lancées: énonciations qui poussent à réénonciations - tel serait ce roman toujours doublé par son poème.

Ce livre serait donc écrit par deux – d’où le régime de la répétition ou plutôt de la reprise, qui ne cesse de réénoncer des ressouvenirs en avant. On peut alors dire que le sujet, dans tous les sens du terme, ne cesse de passer la main puisque tout le biographique du roman n'est jamais restauration d'un présent et donc fiction sous la forme d'un destin ou d'un rebut, mais vraie circonstance partagée, partageable, présent impossible parce qu'inaccompli, don d'innocence d'un vivre. La visée espérée de ce dispositif, c’est le trouble par le rythme, par l’intensification d’une vie du langage et ses échappées intempestives vers ce que le poème nomme ses clartés alors même qu’on pourrait aussi bien y apercevoir ses obscurités. Cette conjonction improbable advient souvent dans le pathétique radicalisé au risque de la bêtise ou de l'éclat : les deux souvent s'emmêlent sans savoir et c'est heureux pour que l'énigmatique poursuive la critique des maîtrises. Ce livre cherche en fin de compte le mouvement, la vota nova, d’un corps-langage en relation : l’augmentation de nos rapports jusqu’au vertige. Aussi affirme-t-il une écriture à quatre mains, du moins à deux voix sans compter toutes celles qui y résonnent, ou y bougent dont les citations évoquées et bien d'autres qu'il serait inutile de répertorier tant elles sont nos lectures, nos rencontres toujours comme appels.

Ce livre se veut sans aucune assignation alors même qu’il multiplie ses références. Dans le champ éditorial contemporain en poésie, il veut renouer et dénouer, faire relation librement.

c’est double
signature pour
un seul poème

quelles doubles
vies nous

troublent ensemble

Serge Ritman

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