Affichage des articles dont le libellé est 1997. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 1997. Afficher tous les articles

vendredi 2 novembre 2012

Les poèmes à l'école


(avec Marie-Claire Martin), Les Poèmes à l'école. Une Anthologie, coll. « Parcours didactiques à l'école », Paris : éd. Bertrand-Lacoste, 1997, 414 p

La place de la poésie a toujours été considérée comme essentielle par les enseignants du primaire. Les programmes ont proposé des modalités variables de sa prise en charge depuis la récitation jusqu'aux jeux poétiques en passant par la création poétique. Les répertoires se sont constitués au gré des traditions scolaires et des goûts personnels des enseignants.
Cet ouvrage fait le point et propose des activités renouvelées et plurielles en classe. Il offre également à l'enseignant un ouvrage de référence qui lui permet de trouver, à tout moment, de la petite section au CM2, des poèmes pour toutes les occasions. Des poèmes de toutes les époques, de tous les pays, en assez grand nombre pour y faire sa propre anthlogie. Et les élèves ne répèteront pas un répertoire réduit à une peau de chagrin car la poésie est un langage infini.

Les poésies, l'école avec la préface de Bernard Noël


(avec Marie-Claire Martin) Les poésies, l'école, préface de Bernard Noël, Grand Prix national de poésie 1994, coll. « L’éducateur », Paris : Presses Universitaires de France, 1997, 224 p.
 
Ce livre part du constat que la poésie a une existence plurielle. Dans une première partie, il fait l'histoire critique de l'enseignement de la poésie : des fondateurs de l'école républicaine aux rénovateurs des années soixante-dix en passant par les innovateurs. Réfléchissant sur les apprentissages culturels et instrumentaux, primaires et secondaires, il propose de construire des continuités entre les discours, les actes et les voix des poésies et de l'école. Dans une seconde partie, des activités aux durées variables à l'école primaire et au collège sont envisagées. Lectures, écritures et mises en voix de poèmes s'appuient sur un répertoire renouvelé à la lumière des réflexions les plus récentes sur le rythme, la voix le sujet. Les activités relient toujours les notions à des problématiques et les œuvres à la pratique de la classe. En refusant de soumettre les poésies à une fascination irréfléchie ou à un utilitarisme fonctionnel, cet ouvrage a pour ambition une école où se mêlent la voix et le texte, la proximité et la distance, l'amour et l'étude des poésies.

Une recension par Jean Perrot dans La Revue des livres pour enfants ici: http://martin-ritman-biblio.blogspot.fr/2013/06/jean-perrot-sur-les-poesies-lecole.html

Sommaire et préface de Bernard Noël peuvent être lus ci-dessous :




vendredi 22 juin 2012

Le mal de mère avec Philippe Corentin

« Le mal de mère avec Philippe Corentin » dans Argos n° 20, Le Perreux-sur-Marne : CRDP de l’Académie de Créteil, décembre 1997, p. 26-27.

dimanche 31 janvier 2010

En Herbe (exercices & pauses)



En Herbe (exercices & pauses), avec des encres de Maria Desmée, Chaillé-sous-les-Ormeaux, « Le farfadet bleu », Le Dé bleu, mai 1997, 64 p.

samedi 19 décembre 2009

Les contes à l'école


Les Contes à l'école, coll. « Parcours didactiques à l'école », Paris : éd. Bertrand-Lacoste, 1997, 158 p.

Notes sur ce livre:

Les Actes de Lecture n°60 décembre 1997

___________________



"Les jeunes lectures durent toujours..."
Les enjeux pédagogiques de la littérature jeunesse
Les contes à l'école


Tout au long de ce dossier, nous évoquons la nécessité pour les enseignants de bien connaître à la fois les textes officiels qui définissent les objectifs d'enseignement et agissent sur les pratiques, la littérature jeunesse à partir de laquelle s'effectue la sélection des livres et leur mise en réseau et enfin les théories de la lecture et de la littérature qui permettent de tenir compte en même temps des lecteurs et des textes. Pour accompagner ces réflexions qui ne cessent d'évoluer il existe des ouvrages qui approfondissent tantôt l'actualité des programmes et des pratiques, tantôt l'état de l'offre de livres, tantôt le point de vue de la recherche. Rares sont ceux qui tiennent les trois axes en même temps. Une collection, chez Bertrand-Lacoste (1), dirigée par Marie-Claire et Serge Martin tente pourtant de le faire avec trois premiers ouvrages : Le roman d'aventure à l'école/Danièle Marcoin, Les poèmes à l'école/Marie-Claire et Serge Martin, et Les Contes à l'école/Serge Martin. C'est ce dernier ouvrage que nous présentons ici.

Serge Martin est un auteur dont nous suivons le travail notamment à travers la revue Le Français Aujourd'hui (2) dont il est membre du comité de rédaction. Il y signe tantôt des textes sur l'actualité de la lecture et de l'écriture, tantôt des analyses alliant livres, auteurs, lecteurs et pratiques, tantôt des chroniques, sur la poésie, le plus souvent (3). Nous avions déjà signalé dans cette revue l'excellent livre auquel il avait participé Les Indiscutables : 99 livres pour bâtir une BCD (4). Dans la collection que nous évoquons ici il s'adresse aux enseignants des écoles maternelles et élémentaires, à leurs formateurs, avec les objectifs suivants :
« Chaque ouvrage relie un regard historique et critique à des propositions pédagogiques. Il réunit :
- une problématique en vue d'un professionnalisme à la hauteur des enjeux de l'école aujourd'hui ;
- des activités autour de groupements de référence (textes et images, livres et supports variés) pour les trois cycles de l'école ;
- une bibliographie pour l'enseignant, pour les élèves et la bibliothèque de l'école. »

Un regard critique et historique
Dans la première partie, après une introduction qui précise le choix emblématique du (des) Petit(s) Chaperon(s) Rouge(s) - sous-titre de l'ouvrage - et commente rapidement les textes officiels concernant la transmission des contes de 1972 à 1995, l'auteur emprunte un « détour doublement critique : parce qu'il interrogera les «théories de référence» (...) ; parce qu'il tentera de construire une théorie de la spécificité et de l'historicité des contes (...) Bref, il s'agit bel et bien de rendre au conte son actualité. » (p. 10)

Au cours de quatre chapitres où l'érudition le dispute à l'engagement, Serge Martin bouscule des représentations tenaces «la magie de l'heure du conte», refuse toute sédimentation des pratiques par les «savoirs savants» qui pourraient inciter, l'émerveillement passé, à faire disséquer les contes comme de simples structures mécaniques et constantes.

Quelques points ont particulièrement retenu notre attention dans cet ensemble qui peut parfois décourager les lecteurs peu informés par l'abondance de citations (mais ça devrait inciter à lire), la maîtrise des courants littéraires et du champ pédagogique... et le ton ça et là péremptoire, l'auteur étant connu pour faire franchement place nette avant de déployer des préférences qui, à l'en croire, sont les seules références possibles. Heureusement, il défend bien ce qu'il estime devoir être partagé et que nous partageons :

le refus de toute simplification, toute schématisation par l'affirmation constante de l'écriture et de la lecture comme des aventures non séquestrables dans des grilles, des étapes, des modèles à repérer et à reproduire : « Le jeune «scripteur» sait bien qu'on ne rédige pas un conte avec des ingrédients ; même si la liste est complète, il manquera toujours quelque chose. On n'écrit pas avec une recette voire des recettes, car l'écriture comme la lecture est d'abord aventure, risque et engagement. Dans le domaine du conte, on a vite compris qu'avec de tels ingrédients on perd l'énonciation pour ne garder qu'un pâle énoncé. » p. 46
- la défense de l'écriture, la revendication d'approches historicisées ne réduisant pas les contes en UN conte, genre littéraire primitif, issu d'un fond oral lointain, universel, sans auteur et donc sans écriture.
- les appels continus aux spécificités, au singulier, aux originalités des événements dès lors qu'il s'agit de rencontres toujours contradictoires entre des sujets et des oeuvres culturelles, de ce fait toujours vivantes.
- l'insistance à faire du conte une lecture non propédeutique à d'autres lectures à venir, plus complexes mais bien une lecture savante tout de suite.


Activités pour les trois cycles de l'école

Dans la deuxième et la troisième parties, suivent des propositions didactiques :

Autour de cinq thèmes (deuxième partie) :

- la lecture comparative des contes
- les usages culturels des contes
- l'analyse des personnages
- la lecture de parodies
- le recours aux images pour une meilleure lecture

Pour une entrée dans la forêt de quelques contes : Le Chat Botté, les frères Grimm accompagnés par les images de Maurice Sendak et une lecture de La petite fille aux allumettes.

L'ensemble de ces propositions est constamment nourri de références, d'incitations à croiser les lectures, à ne pas les enfermer, à découvrir encore au bout de plusieurs lectures d'autres ramifications, d'autres liaisons, d'autres jeux de sens possibles.

Il serait dommage de ne pas signaler que, lorsque Serge Martin ne trempe pas sa plume dans l'acide, son écriture est heureusement sulfureuse, aux opposés des consensus, des bienséances et des visions lisses de l'enfance et des textes. Ainsi, évoquant Eva (5) donne-t-il place aux visions de la ville de Joos : « Visions nocturnes de nos villes modernes qui, depuis Baudelaire, accentuent, énervent, les désirs inassouvis sur fond de déréliction : la tristesse profonde du monde. » ; ainsi compare-t-il Eva à « Yellä Rittlander, la petite fille qui jouait dans Alice dans les villes » ; ainsi présente-t-il le départ d'Eva, la petite vendeuse nocturne de fleurs « les fleurs du mal ? » : « Une rose rouge reste là, devant le lecteur qui se souvient du nez rouge du clown du voyage d'Oregon qui gisait dans la neige à la toute fin de cet album aux deux mêmes auteurs (Le Voyage d'Oregon, Pastel, L'École des Loisirs, 1993 ; l'épitaphe en était le poème « sensation » d'A. Rimbaud.) » ; ainsi rejoint-il le lecteur « au seuil d'un retour à la réalité qui ne soumet plus l'impossible à l'étroitesse du possible. Si le « n'écrire que du vent » de Boris Vian vient en épigraphe à ce livre, c'est pour rappeler que le livre dit pour enfants ne doit pas oublier le non serviam que Baudelaire revendiquait quant à la poésie - et que nous revendiquons volontiers pour toutes les oeuvres à l'école et particulièrement pour les contes. Aussi Rascal et Joos lancent-ils un défi qu'ils tiennent jusqu'au bout. Le livre en témoigne : le récit d'une enfance libre a lieu dans un monde où elle n'a pas lieu d'être, étant donné ce qu'il est. » p. 146. À

(1) Il s'agit chez Bertrand-Lacoste de la collection Parcours didactiques à l'école.

(2) Le Français aujourd'hui, Revue trimestrielle de l'Association des Enseignants de Français (AFEF) , 19 rue des Martyrs, 75009 Paris.

(3) Dans Le Français aujourd'hui n°118, nous vous recommandons sa chronique sur Claude Ponti : De la répétition au rythme.

(4) Les indiscutables : 99 livres pour bâtir une BCD, raymond Le Loch, Claude Le Manchec, Marie-Claire Martin, Serge Martin, Annie Perrot, Janine Thibaud, CRDP du Val d'Oise, Bât. Jacques Lemercier, ( avenue de la palette, 95000 Cergy.

(5) Eva ou le pays des fleurs, Rascal et Joos, Pastel, École des Loisirs, 1994.
Yvanne Chenouf


Un commentaire sur le blog de Sirene à Mostaganem (Algérie) :

vendredi 27 novembre 2009

A Jour


À Jour avec des lavis de Ben-Ami Koller, Coaraze, L’Amourier, 2000, 68 p.

Recension:

Note de lecture de Alain Freixe dans Europe

Serge Ritman, À jour, Illustrations de Ben‑Ami Koller, Collection Ex Caetera, L'Amourier, 8OFF.

À Jour comme on dit « être à jour », pour dire que les comptes sont bons. Qu'il n'y a pas de reste. C'est cela que l'on aimerait! Cela que Serge Ritman sait pourtant impossible : « J'écris le dernier mot mais la stèle crie / Puisque le compte n'est jamais juste ». On est depuis toujours déjà entré dans la perte. Dans « ce mal qui barre la vue innocente ». Ce mal qui insiste. Bouche une à une toutes les issues. Brouille les pistes. Nous voue aux éboulements et à la confusion qui s'en suit: « (...) tout / Se mélange parce que ça ne tient pas».

Tout dans ces poèmes de 14 vers dit la violence sourde du monde comme il va. La terre des mots, l'écriture la laboure, la sillonne. 14 fois par page. 14 levées de soc. 14 brefs silence où c'est de la douleur qui s'égoutte.

Nous sommes dans ce livre comme dans un train de pensées : multiplicité ouverte de tensions entre le dedans et le dehors. Entrecroisement. Passage. Milieu actif de conjonctions/disjonctions. Glissements. Basculements entre bribes de vécu, coins de paysages, réflexions de poétique...

Ce livre est travaillé par une mélancolie active, son battement invisible. Ici, la langue bégaie: coupes, saccades, reprises. Le bégaiement est le ressort expressif de ce texte. Serge Ritman sait rester en prise sur l'élan, le déséquilibre qu'il y a dans le pas, la marche de tous les jours. Cela qui fait que l'on repart plus que l'on ne continue.

Pourtant, À jour est un livre au bâti sûr et discrètement présent. Nous avons parlé de bégaiement, de procédés de découpe, d'une ponctuation totalement absente, d'une mise en vers, de vers mis en poèmes, 14. Parlons maintenant des 38 poèmes qui composent ce livre. 2 fois 19, plus un poème de 7 vers qui sépare ces 2 volets. Poème-césure qui certes coupe mais maintient ouverte la coupure. Et la garde ainsi vivante. En cela, il articule et rive l'un à l'autre ces 2 blocs de textes. Porte à 2 battants. Si le premier volet s'achève sur la perte de "l'aura", pour le dire en termes benjaminiens, puisqu' « on ne / Voit pas les auréoles sur les passants», le second s'ouvre sur « l'inconnu » au loin. Ailleurs que l'on ne voit pas et où vont ces paroles que nous ne saurons pas et que le vent des mots de Serge Ritman a poussé là-bas. Ici même pourtant mais de l'autre côté. Là où ça penche.

Alain Freixe